Franz Liszt et Georges Sand à la Cathédrale

18 septembre 2011

En 1836 Franz Liszt accompagné de Georges Sand et Marie d’Agoult se rendent à Fribourg pour entendre l’orgue de Saint-Nicolas construit par Aloÿs Mooser (1834) et L’Orage interprété par l’organiste Jacques Vogt. Voici quelques extraits du récit, souvent teinté d’humour, de ce voyage par Georges Sand (Lettre No VII) :

Nous entrâmes dans l’église de Saint-Nicolas pour entendre le plus bel orgue qui ait été fait jusqu’ici. …

… En effet, Mooser, le vieux luthier, le créateur du grand instrument, aussi mystérieux, aussi triste, aussi maussade que l’homme au chien noir et aux macarons d’Hoffmann, était debout à l’autre extrémité de la galerie, et nous regardait tout à tour d’un air sombre et méfiant. …

… Aussi l’organiste de la cathédrale, gros jeune homme à la joue vermeille, confrère familier et quasi protecteur de notre ami, le poussait doucement à chaque instant, et prenant sans façon sa place, essayait, à force de bras, de nous faire comprendre la puissance vraiment grande, je le confesse, du charlatanisme musical. Il fit tant des pieds et des mains, et du coude, et du poignet, et je crois, des genoux (le tout de l’air le plus flegmatique et le plus bénévole), que nous eûmes un orage complet, pluie, vent, grêle, cris lointains, chiens en détresse, prière du voyageur, désastre dans le chalet, piaulement d’enfants épouvantés, clochettes de vaches perdues, fracas de la foudre, craquement des sapins, finale, dévastation des pommes de terre. …

… Ce fut seulement lorsque Franz posa librement ses mains sur le clavier, et nous fit entendre un fragment de son Dies irae, que nous comprîmes la supériorité de l’orgue de Fribourg sur tout ce que nous connaissions en ce genre. … mais le perfectionnement est remarquable dans celui de Fribourg, surtout les jeux de la voix humaine, qui, perçant à travers la basse, produisirent sur nos enfants une illusion complète. … Jamais le profil florentin de Franz ne s’était dessiné plus pâle et plus pur, dans une nuée plus sombre de terreurs mystiques et de religieuse tristesse. …

… Grâce à ces effets inattendus de la lumière, la blanche et proprette cathédrale de Fribourg paraissait encore plus riante que de coutume, et la figure du roi David, peinte en costume de théâtre du temps de Pradon, avec une perruque noire et des brodequins de maroquin rouge, semblait sourire et s’apprêter à danser encore une fois devant l’arche. Et cependant l’instrument tonnait comme la voix du Dieu fort, et l’inspiration de notre grand musicien faisait planer tout l’enfer et tout le purgatoire de Dante sous ces voûtes étroites à nervures peintes en rose et en gris de perle. …

14e FESTIVAL INTERNATIONAL D’ORGUE DE FRIBOURG – 2011

Jeudi 22 septembre à 20h à la cathédrale Saint Nicolas, Franz Liszt et George Sand, Guy Bovet, organiste et François Rochaix, récitant.

Vendredi 23 septembre à 20h à l’église des Cordeliers, Ensemble Estravagante, Michael Chance, haut-contre, Stefano Montanari, violon baroque, Stefano Rossi, violon baroque, Francesco Galligioni, viola da gamba, Maurizio Salerno, orgue

http://www.academieorgue.ch/

Franz Liszt (Lehmann)

Georges Sand

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