Un sauvetage dramatique

6 janvier 2018

Le samedi 18 novembre 1871 vers 8 heures du matin la Droguerie Lapp proche de la Cathédrale Saint-Nicolas prend feu. Les flammes se propagent rapidement à l’ensemble de l’immeuble et menacent les maisons voisines. Au troisième étage se trouvent cinq enfants et une servante. Il n’y a pas d’échelle à disposition pour les secourir.

La servante, Anna Albitz une jeune bavaroise de 30 ans au service de la famille Weissenbach, apparait à une fenêtre avec deux enfants. Un homme du nom de Alphonse Jungo, employé de la commune, réussit a lui lancer une corde depuis une fenêtre de la maison voisine. C’est ainsi que la servante parvient a sauver les deux enfants avant d’échapper elle même à une mort certaine. Les trois autres enfants, un enfant de la famille Weissenbach et deux enfants du maître serrurier Corpataux, qui s’étaient cachés par peur, périssent dans l’incendie.

Ce n’est que grâce à l’engagement de la population présente sur les lieux et à l’intervention des pompiers venus en renfort de Bulle, Romont, Morat, Guin, Tavel et même de Berne, que la propagation de l’incendie aux maisons voisines a pu être évitée.

A l’époque la Ville de Fribourg possédait déjà un service du feu. Il s’agissait d’un corps de pompiers constitué en 1844 et composé de professionnels du bâtiment (charpentiers, couvreurs etc) et de gymnastes engagés pour leur valeur athlétique. En 1868, trois ans avant l’incendie Lapp, cette équipe d’intervention s’était complétement désorganisée à la suite d’un exercice qui avait mal tourné. Mis en cause par une hiérarchie incompétente, 35 membres de ce corps avaient démissionné.

Seulement trois jours après l’incendie dramatique, les anciens membres du corps d’intervention proposent au Conseil communal de réintégrer la troupe à condition de disposer d’un droit de participation lors de la nomination des officiers. Exigence acceptée par les autorités au grand soulagement de toute la population.

Quand à l’illustration, unique témoignage visuel de l’incendie, il s’agit d’un dessin du peintre français François Bonnet (1811-1894). A l’époque de l’incendie, François Bonnet est professeur de dessin au Collège Saint-Michel et habite la Grand-Rue 32. Cette œuvre magistrale traduit parfaitement toute la dramaturgie de l’incendie et du sauvetage tout en respectant l’architecture des lieux.

Sources: Nouvelles étrennes fribourgeoises 1872 & Raoul Blanchard, Anita Petrovski: Deutschfreiburger-Kalender 2018

François Bonnet, L’incendie de la droguerie Lapp 1871, dessin au fusain rehaussé de blanc sur papier brun, 32,5 x 44 cm. Collection de la Ville de Fribourg N° 551.

François Bonnet, L’incendie de la droguerie Lapp 1871, dessin au fusain rehaussé de blanc sur papier brun, 32,5 x 44 cm. Collection de la Ville de Fribourg N° 551.

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