Souvenirs 1800 (8)
19 février 2012
Les souvenirs d’Elisabeth d’Affry (suite)
le 10 février – j’ai été me promener au tirage (1) avec papa et minette.
le 11 février – Locher (3) a commencé ici, le portrait de Walpourg.(2)
le petit Boccard est bien son accident n’aura pas de suites.
on fait un encan (4) des meubles de Mr Vonderweidt.
le 12 février – il y a eu a belfaux une partie de traineaux de Mesdames D’épinai, Seedorff et Schaller.
le 13 février – j’ai été voir madame Carlo.
le 14 février – j’ai été chez Mlles Schaller et chez Mde Maillard
Diné chez les cordeliers ou etait le Commandant.
le 15 février – j’ai ecrit pour ma tante Diesbach, j’ai été chez Mde forestier
le 16 février – j’ai ecrit a Sophie et a Montansier
1) Le tirage est le stand de tir aux Grands-Places
2) Marie Valpurg de Maillardoz, baptisée à Fribourg le 18 août 1778. Elle épouse le 20 octobre 1799 à Fribourg François Nicolas Joseph Bruno Fégely, dit Joson, (13.10.1760 – 19.09.1841). Ils habitent la maison Fégely à la Place Notre-Dame (la maison des trois cheminées). Source: www.diesbach.com
3) Emmanuel Locher, fils de Gottfried, né à Fribourg vers l’année 1765, a hérité d’une partie du talent de son père et a peint, comme lui, des portraits, surtout en miniature, d’une vérité frappante et d’un coloris bien entendu, ainsi que des tableaux d’autel, parmi lesquels nous citerons le St-Charles de l’église des RR. PP. Cordeliers, peint en 1811.
Cependant Emmanuel Locher s’est particulièrement distingué par ses paysages, ses scènes champêtres et ses costumes suisses dont il gravait les contours et qu’il peignait ensuite à l’aquarelle: qui ne connaît, par exemple, ses Trois Grâces de Guggisberg?** Fixé à Bâle dès l’année 1813, cet artiste doit y être mort peu d’années après.
Voilà tout ce que nous avons pu apprendre de plus ou moins positif sur la carrière d’Emmanuel Locher. Nous sommes encore moins renseigné à l’égard de son frère François. Nous lisons seulement dans le protocole de la confrérie de St-Luc, séance du 18 septembre 1796:”Les frères François et Emmanuel Locher, fils de Gottfried, viennent reconnaître le droit de leur père et sont reçus confrères pour 15 batz et un pot de vin.”
Au dire de M. Kessler, un Locher, peintre qui peignait dans tous les genres et avait presque toujours vécu à Bâle, serait mort à l’hôpital de Fribourg vers 1830…
Nouvelles Étrennes Fribourgeoises 1878 (pages 40/41)
** ou “La belle batelière de Brienz”. Un autre “tube” de l’époque. L’attribution d’une œuvre à l’un ou l’autre Locher (Gottfried le père ou Emmanuel et François les fils) n’est pas certaine. En principe elle sont signée “Locher”.
4) Vente publique à l’enchère
Mettez vos masques!
18 février 2012
C’est parti pour le Carnaval des Bolzes 2012 avec la remise de la clef sur la place de l’Hôtel-de-Ville avec des Guggen bâloises, vaudoises, valaisannes, tessinoises, françaises, jurassiennes et fribourgeoises. Mettez vos masques pour quatre jours de folie!
Tout le programme sur le site du Carnaval des Bolzes: http://www.carnavaldesbolzes.ch/
Jacky Dellay, gardien de musée
16 février 2012
Pour le public d’un musée, le gardien est une sorte de repère vivant dans les salles d’exposition silencieuses et un tantinet aseptisées. Il renseigne les visiteurs, donne des explications complémentaires au sujet des œuvres exposées et surveille discrètement. Jacky Dellay, gardien au Musée d’art et d’histoire surveille, mais pas comme un “chien de garde” comme il tient à préciser. Ce qui ne l’empêche pas d’être efficace. Depuis qu’il est en fonction, aucune œuvre n’a tenté de s’échapper…
Si vous n’avez pas encore visité l’exposition “Sculpture 1500″, c’est le tout dernier moment. Cette magnifique exposition de sculptures du Moyen Age se termine dimanche prochain 19 février.
Souvenirs 1800 (7)
12 février 2012
Les souvenirs d’Elisabeth d’Affry (suite)
le 3 février – après avoir dejeune chez Mdme de Berlens, nous sommes partis pour Berne a neuf heures, papa, Mr et Mde fegeli, joson, albert, ninette, Belon, Consatantin, Mr de Villardin, minette, guillaume et moi
arrives a Singine (1) on a mangé un morceau vers les midi, à trois heures arrivés a Berne nous avons descendu au faucon, diné a la table d’hôte
après le diné nous nous sommes promenés a la platte forme (2), de la chez les Kirchberg (3) et chez Mr Savary, nous avons pris le thé chez les Kirchberg – nous sommes ensuite revenus au faucon ou nous avons soupé a table d’hôte, il y avait beaucoup de monde, entre autres le C. quatremere, adjudant general du general moreau (4), qui nous a longtemps conté des merveilles des araignées, et nous a fort amusé. minette, ninette, Belon et moi avons logés ensemble – minette et moi avons fait peur a nos compagnes, qui tremblaient d’inquietudes des assassins et c.
le 4 février – nous avons dejeuné chez Mr Savary, dela nous avons été voir Sophie qui est venue avec nous tous, et Mde Savary mlle marie girard et Colin Savary, voir le grand Conseil et le Senat, ensuite promener a la platte forme, et de la diner tous ensemble et mr Savary et mr girard cordelier (5) au faucon en chambre particuliere. après diné nous avons été voir l’hotel de Musique, celui de la monnaye, la maison des orphelins, la halle au Blés (Kornhaus) et c. – passer la soirée chez les Kirchberrg ensuite revenir souper a table d’hôte au faucon, il y avait du monde et toujours Mr quatremere, que nous avons ecouté fort tard
le 5 février – nous avons eu la visite de Mr Savary de bonne heure – Belon et Walpourg l’ont consulté – après dejeuné nous avons été chez Mdme Savary et chez les Kirchberg – nous avons dela été dans les boutiques, Sophie et marianne sont revenues à l’auberge avec nous, nous en sommes parties à midi, arrivés à trois heures a la Singine nous y avons diné, et nous avons été de retour à fribourg a sept heures.
le 6 février – on a arreté jobart et un homme qui avait échappé a ses conducteurs qui l’amenait les poings liés, de morât a fribourg
il arrive du valais des troupes fribourgeoises au nombre de deux cent.
le 7 février – les fribourgeois qu’on voulait renvoyer chez eux sans être payés, refusent de partir si on ne leur paye au moins une partie de ce qu’on leur doit, on finit par leur payer six francs, et les desarmer, ensuite ils sont partis.
le 8 février – j’ai acheté d’un passant 7 Schalhes à 6 pièce.
on a enterré mr buman de bertignie.
le 9 février – on a organisé une compagnie de grenadiers de la garde Nationale, mes frères en sont
le petit hubert Boccard est tombé et s’est mordu la langue en tombant, il en a partagé une partie, et il ne pouvait ni manger ni parler.
1) Passage sur la Singine à Neuenegg (Neuenek, voir l’extrait de la “Nouvelle Carte Hydrographique et Routière de la Suisse, Levée et executée par J. H. Weiss, Ingenieur Geographe à l’Etat Major Général de l’Armée du Rhin”)
2) La plateforme à côté de la Cathédrale qui surplombe l’Aar avec une vue sur les Alpes bernoises (voir le plan de Berne ci-après)
3) Il s’agit certainement des “Kirchberger”, famille aristocratique de Berne.
4) Jean Victor Marie Moreau (1763 – 1813), général français de la Révolution. En 1800 il commande l’armée du Rhin.
5) En 1800 le Père Grégoire Girard (1765 – 1850) est curé de Berne. C’était la première fois depuis la réformation, qu’un prêtre catholique était officiellement installé dans cette place. (Ernest Naville, Notice biographique sur le père Girard de Fribourg, 1850).
Si vous avez manqué le début: http://frbourg.wordpress.com/souvenirs-1800/
Trois artistes à la galerie Cathédrale
10 février 2012
Du 12 février au 13 mars la galerie Cathédrale présente les œuvres de trois artistes féminines pour un hymne dédié à la nature. Il s’agit de France Fattebert peinture, Maude Fattebert peinture et Kremena Korabova – Fragnière sculpture-céramique.
Vernissage, le samedi 11 février dès 17h.
Les jeudredis de l’Art-Buvette
7 février 2012
Au programme du jeudredi 9 février à l’Art-Buvette le vernissage du roman de science-fiction “Protoplasmes 2256″ de Pierre Retschitzki avec séance de décicaces et signatures et un concert de Onésia Rithner, une voix suave et cristalline. Allez vous réchauffer dès 19.30.
Souvenirs 1800 (6)
5 février 2012
Les souvenirs d’Elisabeth d’Affry (suite)
le 27 janvier – on a fait a St Nicolas un service solennel pour le papa pie 6. (1) l’évêque a officié, il y a eu un long panégyrique, l’office n’a fini qu’après midi
le soir on a allumé tous les cierges qui etait autour du catafalque, qui etait fort beau.
le 28 janvier – Mr de Marés a donné un très beau et bon gouté soupatoire nous y avons été, on y a dansé jusqu’à minuit a dix heures la garde est arrivée pour faire finir la danse, mais le commandant Vaillant l’a renvoyée, et on a continué, le commandant avait fait venir la musique de la 27ème demi brigade, pendant le soupé, pendant le quel elle a toujours fort bien joué, après elle a joué des Walses que nous avons dansé
un militaire a donné un coup de sabre a ignace Maillardon.
le 29 janvier -
le 30 janvier – il y a eu un bal de la Société des Dmlles Buman.
nous avons été faire une visite chez Mme forestier.
le 31 janvier – trois compagnies de la garnison sont parties pour lausanne
le Bon (bataillon) de la 27ème qui était allé dans les paroisses de Marliez et c. revient en ville.
on met a jaquemar deux filles de la roche, qui avaient suivi des soldats.
le 1er février – le Bataillon qui est venu hier, repart pour aller du coté d’avenche
on enterre l’administrateur Kolly mort d’une fievre epidemique
le 2 février – on arrange une partie pour Berne
1) Le pape Pie VI que l’on appelait il Papa bello est fait prisonnier en juin 1798. Incarcéré par la République française à Valence (F), il meurt le 29 août 1799 à l’age de 82 ans. Au moment de sa mort, une commémoration n’est tout simplement pas envisageable. Le coup d’État du 7 janvier 1800 rend cette cérémonie possible.
Les faucons de la cathédrale
31 janvier 2012
Ces temps, des faucons pèlerins se posent fréquemment sur la cathédrale.
Vous pouvez les observer plus ou moins facilement le soir. Il y en a parfois deux mais le plus souvent seule la femelle est présente.
C’est en observant ces faucons que j’ai aperçu pour la première fois de la saison le tichodrome échelette (voir l’article qui lui est consacré) mais malheureusement, il était tout en haut de la cathédrale et je n’ai donc pas pu le prendre correctement en photo. J’ai quand même fait une ou deux photos dont une sur laquelle on voit le tichodrome en haut à gauche (petit point rouge) et le faucon pèlerin en bas à droite.
Je n’ai pas revu le tichodrome depuis, mais il est sûrement là et passe inaperçu.
Gilles Hauser
Souvenirs 1800 (5)
29 janvier 2012
Les souvenirs d’Elisabeth d’Affry (suite)
le 20 janvier – j’ai été voir l’avoyère
Mr de Berlens a été ici, pour faire ses adieux.
le 21 janvier – on a enterré l’avoyer
Mr Tavel de payerne a soupé ici
le 22 janvier – il y a eu bal a la maison de ma tante fegely, aux hopitaux derrières (1) – on y a soupé – nous y avons été et nous sommes rentrées a onze heures – Mrs de Villardin et joseph Diesbach, nous y ont conduites minette et moi. Mr de berlens est parti pour Dresde.
le 23 janvier – mr. bonjour a diné ici ainsi que mimi, Charles et mr louis d’epinai – il y a eu un concert aux merciers (2) donné par un passant, – il a été detestable, il n’y avait que des hommes, deux seules femmes y ont été.
le 24 janvier – un bataillon de la 27eme est parti d’ici, pour les paroisses de Marliez, ependes, etc
le 25 janvier – Mlle bonjour, les mlles d’épinai, Belon mimi et nanette ont passées la soirée ici – Laurette est malade
on publie un ordre de la municipalité de ne pas danser les dimanches et jamais après huit heures. (3)
le 26 janvier – il devait y avoir une partie de danse chez mde forestier – on avait grace au Commandant Vaillant qui l’avait demandée la permission de la municipalité de danser quoique ce fut dimanche (4), mais craignant que cela fit mauvais effet et a cause du Service du pape qu’on annonce dès aujourd’hui par le son de toutes les cloches on a remis la partie au 28.
1) Hôpitaux derrières: c’est l’actuelle rue des Alpes (la route des Alpes construite de 1902-1908 n’existait pas encore)
2) Merciers: Hôtel situé en face de la Cathédrale (voir photo)
3) “Considérant, que les anciennes lois et règlements de police restent en vigueur tant qu’ils ne sont pas abrogés par une nouvelle loi; que les conseils législatifs n’ont rien statué encore sur la police des danses; que les excès, qui ont lieu à ce sujet depuis quelques temps sont contraires au bon ordre, détruisant toute moralité et entrainent une impunité d’abus, que doit réprimer la police: Résolu 1° De mettre en exécution ponctuelle les règlements de 1742, 1772 et 1780 pour autant qu’ils concernent la danse. En conséquence il est défendu de danser les fêtes et Dimanches tant dans les maisons particulières que publiques. Sous quel prétexte que ce soit: il est de même défendu de danser plus tard que huit heures du soir, tant dans les auberges que les maisons particulières. 2° tout aubergiste ou propriétaire qui aura laissé contrevenir dans sa maison aux présents règlements, sera mis en arrestation, et y restera jusqu’à ce qu’il ait acquitté l’amende fixée par la loi, tant pour lui que pour les Danseurs et Musiciens. 3° La présente résolution sera publiée dans toutes les rues, et affiché près de la maison commune.”
Archives de la Ville de Fribourg, protocole de la Municipalité du 25 janvier 1800 (voir copie de l’original)
4) L’encre du règlement a peine séchée, la Municipalité fait déjà une exception pour la “bonne” société.
Invitation
26 janvier 2012
J’ai le plaisir de vous présenter ma nouvelle exposition à la galerie Gulliver, rue des Epouses 8
Samedi 28 janvier 2012 de 15.00 à 18.00
Dimanche 29 janvier 2012 de 15.00 à 17.00
Soyez les bienvenus!
Karl Inglin
































